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 Nuit obscure [libre]

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Nähra Kuddì

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MessageSujet: Nuit obscure [libre]   Dim 17 Jan - 2:10

    C’était loin d’être la première fois que ça lui arrivait. Elle avait toujours l’impression de sortir d’un mauvais rêve, avec ces images qui flottaient à la limite de son esprit et qui s’étiolaient dès qu’elle tendait la main pour les saisir avec plus de précision. Elle ouvrait tout à coup les yeux et c’était comme si elle se réveillait. Elle était debout, quelque part, et se posait la fatidique question : « Qu’est-ce que je fais ici ? » Ça ne lui était pas arrivé depuis des mois. Ses migraines l’avaient quittée et elle ne souffrait plus que de légers maux de tête quand elle restait dehors trop tard le soir. Elle posa la main sur son front, inquiète. Elle ne faisait pas de fièvre, mais elle sentait ses tempes battre comme les tambours d’une fanfare. Elle avisa qu’elle se trouvait dans une petite ruelle bien éclairée. Mais elle finit par réaliser que ce n’était pas la lumière du jour, mais bien celle, artificielle, d’un lampadaire. Quelle heure pouvait-il bien être ? Elle n’en avait aucune idée. Mais il faisait nuit. Elle frissonna. Elle n’aimait pas sortir la nuit, ne le faisait jamais. Elle voulu tirer les pans de son manteau sur elle mais constata qu’elle ne portait rien de plus qu’un sweatshirt et des pantalons. Elle était sortie sans manteau, en plus ? Elle jura et mit quelques secondes à se convaincre qu’il fallait qu’elle sorte de cette ruelle et rentre chez elle.

    Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Pourtant, elle avait consulté un expert des troubles mentaux et il n’avait rien détecté. Mais à cause de ses absences répétées, de ses trous noirs, comme elle les appelait, il lui avait tout de même prescrit quelque drogue pour calmer les tourments de son esprit. Elle n’avait pas eut de rechutes depuis et commençait justement à se dire que les médicaments faisaient effet. Ils l’assommaient un peu, mais elle s’en fichait, si elle devenait normale. Elle se croyait stable. Elle avait même commencé à sortir avec un jeune homme intéressant. Mais elle devrait arrêter ça là, elle le craignait. Elle ne pouvait pas faire endurer ça à quelqu’un d’autre qu’elle-même.

    Elle avait émis toutes les hypothèses : schizophrénie, somnambulisme et, dernièrement, dédoublement de personnalité. Elle avait lu un livre là-dessus et cette idée la terrifiait. Sa migraine sembla redoubler d’ardeur. Elle fouilla ses poches : elle mettait un sac de cachets dans presque tous ses vêtements pour en avoir toujours sur elle. Mais visiblement, elle n’avait rien mis dans les poches de ce pantalon. Elle poussa un soupire alors qu’elle aboutissait dans la rue. Il y avait peu de gens : personne n’est assez fou pur se balader en ville en pleine nuit à part des policiers. Et cette nuit, les passants n’avaient pas l’air de policiers. Elle regarda tout autour, essaya de voir les noms des rues, pour voir où elle se trouvait par rapport à son appartement. Mais c’était un quartier où elle n’avait jamais mis les pieds auparavant. Un vent de panique souffla sur sa nuque, la fit trembler des pieds à la tête. Elle n’aimait pas la sensation de la peur. Elle avait toujours été une jeune femme intrépide. C’était probablement ces trous noirs qui la mettaient dans tous ses états. C’était sans doute cela.

    Elle s’immobilisa sur le trottoir. Quelqu’un marchait à quelques pas derrière elle. Elle prit une grande respiration. Si elle ne demandait pas son chemin, elle resterait dehors toute la nuit et ce n’était pas l’idéal. Elle se retourna toute d’un bloc, raide comme un piquet.

    -Excusez-moi … Je ne sais pas vraiment où je me trouve. Vous pourriez … m’aider un peu ?



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Amandine Guerin
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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Dim 31 Jan - 19:28

Ne pas trop tarder avant de rentrer. Ce soir elle demanderai asile à la Résistance, comme elle le faisait souvent. Amandine n'avait pas vraiment prévu de point de chute dans le coin et si elle traînait dans les rues en pleine nuit elle risquait d'attirer l'attention. Parce qu'une adolescente humaine normalement constituée évitait soigneusement les rues sombres en pleine nuit, particulièrement celles d'un quartier aussi glauque que celui-ci. La petite blonde, elle, pouvait se le permettre. D'une part elle commençait à être connue de la plupart des réseaux sous-terrain de la ville - et donc des créatures potentiellement hostiles en faisant partie - et d'autre part, si vraiment elle tombait sur un individu agressif, elle pouvait s'en sortir par un petit tour de passe-passe...pas vraiment humain. Au final sa plus grande crainte le soir était de tomber sur un "aimable" représentant de l'ordre qui se dépêcherai d'hurler à l'hérésie s'il comprenait qu'elle était une sorcière.

Si cela n'avait été pour les affaires, elle n'aurait jamais mis les pieds ici ce soir sachant que son refuge du moment était presque à l'autre bout de la ville. C'était ça aussi le problème lorsqu'on traitait avec les vampires : ils préféraient les rencontres nocturnes. Mais ils payaient mieux que les humains résistants, étaient moins méprisants à son égard que les sorciers - qui trouvaient le comportement de la jeune fille "déshonorant" ; ce qui ne les empêchait pas de faire appel à ses services. Ils étaient plus aimables que les lycans, et plus faciles à satisfaire que les spectres - dont les demandes étaient souvent incompréhensibles. Du coup elle avait tendance à faire un effort, quitte à changer ses plans et à compromettre sa sécurité personnelle. Mais ce qu'elle y gagnait était systématiquement à la hauteur de ses efforts : payée rubis sur l'ongle - au propre comme au figuré - et immédiatement, elle bénéficiait en plus d'une immunité assurée auprès de la communauté vampirique locale. Oui, parce que par exemple elle se doutait bien que chez les loups-garous on ne lui réservait pas le même traitement de faveur...

*Donc vingt mille plus les pierres à revendre...disons que je les écoule dans la quizaine...*

Il fallait qu'elle mette de côté, en cas de coup dur. Mais ce qu'elle voulait réellement, c'était se prendre quelques jours de vacances. Un petit moment à elle, où elle pourrait s'enfermer quelque part et laisser son esprit vagabonder en savourant la blancheur de l'absence de réalité... Quelques jours loin de toute forme de vie, loin du bruit, des parasites, des cris, de la rage, des problèmes...

-Excusez-moi … Je ne sais pas vraiment où je me trouve. Vous pourriez … m’aider un peu ?

Et voilà. Il suffisait qu'elle pense "vacances" et comme par magie on venait polluer sa tranquillité. D'un premier coup d'œil rapide, elle identifia la personne comme étant humaine, de sexe féminin, et apparemment pas des forces de l'ordre. Bien. Elle resterait cependant méfiante. Maintenait elle devait se mettre en condition, pensée qui lui arracha un soupir intérieur de lassitude. A l'extérieur cependant...

"Oh, mais bien sûr ! Ne vous excusez pas voyons. En quoi puis-je vous être utile ?"

Ton aimable, presque enjoué, les yeux brillants de malice, une posture à la fois charmeuse et enfantine. C'était bien Lullaby, l'éternel petit lutin, qui tenait le rôle, assurant parfaitement sur le devant de la scène. Penchée légèrement vers son interlocutrice qui la toisait de dix bons centimètres, elle lui servait son si joli sourire qui endormait la vigilance de quiconque l'apercevait et lui valait son surnom.
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Nähra Kuddì

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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Mer 10 Fév - 13:37

Pendant quelques secondes, Nähra eut l’impression très nette de déranger la jeune femme à qui elle venait de s’adresser. L’inconnue l’avait dévisagée pendant un moment avant d’afficher un sourire sur ses lèvres. La jeune femme ne dut cependant pas rassurée par ce sourire. Elle était à l’extérieur, il faisait nuit, et elle aurait du se trouver dans son lit. Elle trouvait déjà étrange d’être dehors. Qu’est-ce que cette jeune femme venait y faire ? C’était peut-être une vampire mais non … elle sentait ce genre de choses. Les buveurs de sang lui faisaient couler la sueur dans le dos et la faisait se crisper. Là, elle n’était qu’un peu effrayée.

"Oh, mais bien sûr ! Ne vous excusez pas voyons. En quoi puis-je vous être utile ?"


Eh bien, oui, en quoi ? songea Nähra un instant. Je suis là, en pleine nuit et je ne saurais même pas dire pourquoi. Et le comment était tout aussi mystérieux pour elle. Elle regarda ses pieds un instant. Qu’est-ce qu’elle peut lui dire, à cette jeune femme ? À cette époque qui était la leur, les hommes se méfient de tout. Elle ne fait pas exception à la règle. Tout ce qui sort un tant soit peu de l’ordinaire est jugé dangereux, arrêté, enfermé et bien souvent détruit. Elle n’avait qu’à penser à tous les objets « magiques » que le gouvernement confisquait sans arrêt. Un objet nouveau, mystérieux … Quelqu’un qui se balade en pleine rue, ça avait de quoi attirer les soupçons. Et c’était sans compter son allure physique, qu’elle n’avait pas vraiment pris le temps d’examiner. Ses cheveux étaient emmêlés, ses vêtements n’étaient pas en ordre et elle avait un bel hématome autour de l’œil droit. Paupière enflée et tout ce qui va avec. Il fallait qu’elle trouve une explication à sa présence dans la rue.

-Je … j’ai fini de travailler beaucoup plus tard que prévu et je ne sais pas … je devais être fatiguée et distraite. J’ai du prendre une mauvaise rue et là … résultat, je n’ai aucune idée de l’endroit où je me trouve actuellement.

C’est bête, hein ? pensa-t-elle. Oui, très bête. C’était une explication tout à faire absurde. Mais c’était tout de même ce qui se rapprochait le plus de la réalité. Après tout, dans la vie, il faut faire avec les moyens qui se trouvent à notre portée, n’est-ce pas ?

-J’habite un appartement rue Abbott.

Elle se doutait que ça ne devait pas être près d’ici puisque ces rues, ces commerces et ces maisons … elle ne les avait jamais vues avant cette nuit. Même pas entr’aperçues. Elle soupira. Vraiment, c’était bien sa veine. Elle allait bien, depuis quelques temps. Pourquoi fallait-il que ses absences reviennent l’assaillir ? Comme si elle n’avait pas déjà assez de choses à penser, il fallait en plus qu’elle s’imagine ce qu’elle faisait durant ces moments de vide. Et puisqu’elle revenait toujours de ces absences dans un sale était … elle avait beaucoup de choses à s’imaginer. Surtout le pire.

-Vous savez où ça se trouve, Abbott ?

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Amandine Guerin
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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Jeu 25 Fév - 13:52

-Je … j’ai fini de travailler beaucoup plus tard que prévu et je ne sais pas … je devais être fatiguée et distraite. J’ai du prendre une mauvaise rue et là … résultat, je n’ai aucune idée de l’endroit où je me trouve actuellement.

*Bien sûr...et moi j'ai pris le thé avec ma vieille Tante Hélène...*

Etait-il nécessaire de préciser que Mademoiselle Guerin n'avait aucune tante prénommée Hélène ?

-J’habite un appartement rue Abbott. Vous savez où ça se trouve, Abbott ?

Rue Abbott ?! Evidemment qu'elle savait où c'était mais...

"Veuillez m'excuser, mais la rue Abbott se trouve de l'autre côté de la ville, si vous parlez bien de celle à laquelle je pense."

Evidemment qu'il s'agissait de celle-là : il n'y avait pas deux rues avec un nom pareil. Cela venait confirmer les doutes de la petite blonde sur la bonne foi de son interlocutrice. Elle mentait, c'était évident. Sa mise était douteuse, elle était marquée au visage comme si elle venait de se battre, et sa méfiance était tout à fait perceptible.
Une chose était certaine : l'une comme l'autre avaient des choses à cacher. Ce qui signifiait qu'elle n'avait rien à craindre de la jeune femme, du moins dans l'immédiat.
Sans se départir de son sourire, Amandine s'approcha d'un pas, les mains dans le dos. L'inconnue semblait perdue, perturbée. Et la mage se dit qu'il serait intéressant d'aller jeter un œil dans cet esprit. Mais pas tout de suite. D'abord la mettre en confiance : elle ne devait se rendre compte de rien. Elle se contenta donc de la rassurer.

"Ne vous en faites pas, si vous le voulez je vais vous accompagner. Se déplacer à deux est moins risqué de nuit : ainsi nous serons en sécurité..."

Une pointe de persuasion : juste assez pour la conforter sans la brusquer.

"...qu'en dites-vous ?"

Sans attendre de réponse elle lui emboîta le pas, trottinant comme si elle se promenait par un bel après-midi de printemps. La jeune femme ne répondit pas, se contenta de hocher la tête et vint marcher à ses côtés comme si tout cela était parfaitement naturel.

"Etant donné que nous avons une bonne heure de marche devant nous, que diriez-vous de faire plus ample connaissance ? Le trajet sera plus amusant."

Lullaby arrêta sa marche un instant pour se tourner vers sa nouvelle "amie" et lui tendre la main, un sourire toujours aussi charmant illuminant son visage.

"Je m'appelle Amandine, et vous ?"

La machine était lancée.

"Mais dites-moi, dans quel domaine travaillez-vous ? Est-ce intéressant ? Votre patron doit être un véritable esclavagiste pour vous faire finir si tard. Et comment vous êtes-vous blessée au visage ? Si c'est au travail vous savez que vous avez le droit de demander des dommages et intérêts ? Je me permets de vous le suggérer car beaucoup de gens n'osent pas le faire alors qu'ils seraient dans leur bon droit..."

Et elle parlait, posant des questions, noyant le poisson pour mieux le sortir de l'eau. Elle venait de prendre une décision : elle allait la raccompagner chez elle. Mais en échange elle se servirait au passage...après tout rien n'était gratuit.
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Nähra Kuddì

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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Mar 9 Mar - 19:20

listening to Éric Lapointe - Rien à regretter

    "Veuillez m'excuser, mais la rue Abbott se trouve de l'autre côté de la ville, si vous parlez bien de celle à laquelle je pense."

    Nähra risqua un sourire aimable. Elle se souvint qu’autrefois, elle souriait sans y penser. Depuis l’incident dans son village, elle avait perdu de sa gaieté naturelle. Il fallait qu’elle se conditionne à sourire, maintenant. Heureusement pour elle, sa bouche semblait être faite pour les sourires, et ça semblait toujours très naturel malgré tout.

    -Oui, c’est bien celle-là. À moins qu’il y ait une autre rue Abbott et qu’on ne m’en ait jamais informée.

    L’inconnue fit un pas vers elle. Elle avait une mine chaleureuse malgré son approche méfiante quelques instants plutôt. Nähra se demanda si elle risquait quelque chose. Probablement pas. Ce n’est qu’une jeune femme. Au cinéma, les jeunes femmes sont en détresse : elles ne sont pas dangereuses. Mais elle n’était pas dans un film. La réalité était toute autre et elle ne le savait que trop bien. Mais c’est toujours plus rassurant de s’imaginer qu’on ne risque rien. Elle était déjà bien suffisamment pour ne pas s’imposer des soucis supplémentaires.

    "Ne vous en faites pas, si vous le voulez je vais vous accompagner. Se déplacer à deux est moins risqué de nuit : ainsi nous serons en sécurité... qu'en dites-vous ?"

    L’inconnue se mit en marche et Nähra considéra ses propos en se disant qu’effectivement, ce n’était pas bête du tout. Elle suivit la jeune femme, qui se révéla ne pas avoir la langue dans sa poche. Au moins le trajet serait plaisant. Elle s’appelait Amandine.

    « Moi c’est Nähra. »

    Lorsqu’elle se présentait, les gens lui demandaient d’où elle venait. Elle répondait du nord et on lui disait que son nom n’avait rien de très nordique. Elle le savait. Ses parents étaient allés chercher de l’inspiration dans les sonorités du Moyen-Orient. Elle avait déjà rencontré un homme qui lui avait dit qu’en Inde, son nom était un mot extrêmement vulgaire. Elle n’avait pas cherché à en savoir plus. Amandine ne lui posa pas de question sur la provenance de son nom. Elle enchaîna plutôt sur un discours digne d’une représentante de syndicat, cherchant à savoir ce qui pouvait pousser un patron à garder son employée au bureau si tard le soir. Elle lui parla aussi de son visage. Elle resta muette. Elle n’avait même pas remarqué qu’elle s’était blessée. Elle tâta son visage et trouva une vilaine estafilade sur le front, en travers de cet horrible symbole. Elle bafouilla, eut un moment de panique.

    -Je … J’ai du me couper en me griffant … bête accident. Rien à voir avec le bureau. Et puis vous savez, mon patron n’est pas un tyran. Seulement, quand le travail doit être terminé pour le lendemain, c’est important que tout soit fait, peu importe l’heure. Et puis on est bien rémunérés pour ces heures supplémentaires. Je bosse pour le quotidien d…

    Erreur. Dans cette ville, il n’y avait qu’un quotidien, et les bureaux qui abritaient l’équipe étaient situés près de la rue Abbott. Très loin d’ici. Elle regarda en coin vers Amandine. Si ça se trouve, songea-t-elle, elle ne sait pas où se trouvent nos bureaux.

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Amandine Guerin
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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Ven 26 Mar - 11:36

Nähra s'embrouillait dans ses explications, s'emmêlant les pinceaux d'une manière fort acrobatique. Pour ce qui était de la fausse excuse, aucun besoin de pouvoir particulier pour la mettre au grand jour : si la jeune femme le lui avait avoué de but en blanc ce n'aurait pu être plu clair. Mais il fallait éviter de la mettre mal à l'aise, et Amandine ne releva donc pas. Mieux, elle lui montra une porte de sortie.

"Oh, vous travaillez dans un journal ? Vous êtes reporter ? Ce doit être passionnant ! Vous devez rencontrer du beau monde... Donc j'imagine que vous enquêtez sur un scoop ?"

Elle fit mine de pouffer, posant le bout de ses doigts sur ses lèvres comme pour s'éviter de dire une bêtise supplémentaire. Paraître naïve était l'un des grands classiques dans la mise en confiance d'autrui.

"Veuillez m'excuser si je débite des clichés. Je ne connais rien à ce genre de choses et je me prends parfois à fantasmer certaines professions je l'avoue. Je ne sais moi-même pas encore vers quelle voie j'aimerais m'orienter. Mais bon, j'ai bien le temps de voir : les études d'abord."

Vu son âge, elle n'allait pas prétendre travailler, ou alors cela signifierait travail illégal, et ne collait pas du tout au profil du personnage sensé se tenir devant Nähra. Cette dernière la regardait avec un air plutôt perplexe. Ou disons...tendu. Peut-être la blondinette n'aurait-elle pas dû faire allusion à la blessure de son interlocutrice car elle s'était quelque peu raidie à son évocation.

*Qu'est-ce que tu caches...?*

Sa curiosité piquée au vif, Lullaby sorti un joli mouchoir en tissu de la poche de sa veste et le tendit à sa comparse.

"Tenez, essuyez-vous avec ça. Les blessures au visage sont toujours une source de stress chez les femmes, j'en ai bien conscience : après tout notre visage est un atout. Moi-même je suis catastrophée au moindre petit bouton."

Ce qu'elle voulait se produisit : leur doigts s'effleurèrent l'espace d'une demi-seconde lorsque la jeune femme s'empara du mouchoir. Un contact suffisant pour jeter un rapide coup d'œil à "l'intérieur" sans avoir à trop forcer. Mais le peu d'image qui lui arrivèrent ne firent que lui coller une mauvaise migraine. C'était violent, il y avait beaucoup de sang, et le tout restait très confus. Mais par-dessus tout, Nähra n'en semblait même pas consciente. Son esprit était comme...cloisonné.
Voyant qu'elle la fixait avec inquiétude, l'adolescente se passa rapidement une main sur le front en faisant une petite moue.

"Oh ne vous en faites pas : je couve une vilaine grippe depuis quelques jours. Je n'ai pas écouté les conseils du docteur et j'ai refusé de garder le lit. Du coup je le paye avec des maux de tête. Mais bon, c'est de ma faute."

Elle haussa les épaules en riant.
Qu'est-ce qui pouvait bien se passer "là-dedans" ? Il y avait des choses intéressantes, elle en était sure. Intéressantes commercialement parlant. Pour le reste...elle n'état pas encore tout à fait certaine de vouloir plonger dans un esprit aussi...tortueux. Elle y prenait un risque de migraine encore plus violentes, mais surtout de peut-être découvrir des choses qu'elle pourrait regretter par la suite.
Il s'agissait là d'un cruel dilemme qui était débattu en interne et de façon tellement discrète qu'à l'extérieur c'était une Amandine toujours aussi enjouée et bavarde qui avançait d'un bon pas en compagnie de sa nouvelle "amie".

"Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas contagieuse. Je ne suis pas altruiste au point de partager mes microbes avec tout le monde."

Alors, que faire ?
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Nähra Kuddì

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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Mer 7 Avr - 0:16

listening to Michael Nyman - Deep into the Forest


    La jeune adolescente, Amandine, lui tendit poliment un mouchoir afin qu’elle puisse essuyer son visage couvert de sang. En fait, elle ne put se faire une image de son visage que lorsqu’elle en retira le mouchoir et le regarda. Elle se tâta le front. Oui, la blessure saignait encore. Elle parcourut la plaie du bout du doigt. Longue, à part de ça. Elle pouvait bien imaginer que la jeune fille ne l’avait pas cru quand elle avait prétexté s’être « griffée » sans le faire exprès. Mais Nähra ne savait pas ce qui lui était arrivé. Peut-être s’était elle ouvert le front en trébuchant et en se prenant un coin de bureau en pleine figure. C’était plausible. Plus qu’une innocente griffure. Elle soupira puis abaissa la main, gardant toutefois le mouchoir serré entre ses doigts. Elle remarqua alors que la jeune fille n’avait pas l’air de se sentir très bien.

    "Oh ne vous en faites pas : je couve une vilaine grippe depuis quelques jours. Je n'ai pas écouté les conseils du docteur et j'ai refusé de garder le lit. Du coup je le paye avec des maux de tête. Mais bon, c'est de ma faute." Elle eut un petit éclat de rire qui arracha un sourire un peu mal à l’aise à Nähra. Amandine s’empressa alors d’ajouter : "Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas contagieuse. Je ne suis pas altruiste au point de partager mes microbes avec tout le monde."

    -J’en connais qui ne se gêneraient pas, plaisanta Nähra.

    Une grippe était bien le dernier des soucis de la jeune journaliste. À savoir; comprendre ce qui se passait dans son esprit torturé. Elle aurait donné cher pour connaître un médecin qui serait capable de la soigner. Elle avait entendu parler d’une jeune scientifique, une prodige qui avait publiquement déclaré la guerre des découvertes et des avancées à son père. Elle aurait aimé la rencontrer, la laisser lui brancher un paquet d’électrodes sur le crâne et trouver enfin ce monstre qui se cachait dans son cerveau, cette petite bête noire qui l’empêchait de fonctionner comme un être humain normal. Mais ce genre de démarches prenait de l’argent. Et ça … ce n’était pas en tant que pigiste dans un petit journal local qu’elle en aurait. Journaliste, ce n’était pas sa grande ambition. Mais elle aurait tout de même préféré travailler pour un quotidien plus important. Il lui aurait fallu des diplômes plus imposants. Malheureusement, pour travailler il faut étudier et pour étudier, il faut payer. Cher. Elle s’arrêta un moment de penser et se tourna vers Amandine.

    -J’y pense ! Il est tard et nous sommes mardi. Vous devez avoir cours, demain. Vous devriez déjà être rentrée chez vous et vous reposer. Je ne devrais pas vous retenir, mademoiselle.

    Je trouverai bien un moyen de rentrer chez moi … J’appellerai un taxi, ou quelque chose dans ce genre. Mais qui sait ce qui pouvait arriver, dans ce laps de temps où elle serait seule ? C’était toujours lorsqu’elle se retrouvait livrée à elle-même que la petite bête noire tissait sa toile de ténèbres dans sa tête.


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Amandine Guerin
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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Dim 11 Avr - 15:34

Voilà que la jeune femme semblait soudain changer d'avis en lui proposant de se débrouiller seule. Etait-elle à ce point embrouillée pour ne pas réussir à se fixer sur une décision ? Ou bien l'avait-elle mise mal à l'aise malgré toutes ses précautions ?

"Ne vous en faites pas : ce ne serait ni la première ni la dernière fois que je rentre tard. Mes parents ne sont pas au courant, mais j'essais de...comment dire...profiter de ma jeunesse."

Elle esquissa un petit sourire en coin.

"Vous savez, ma famille est plutôt stricte, et je n'ai pas le droit d'amener mon petit-ami à la maison alors..."

Mensonge éhonté mais tellement facile à avaler : quelle jeune fille de seize ou dix-sept ans n'avait jamais fait le mur pour rejoindre en pleine nuit un garçon que ses parents trouvaient fort peu fréquentable mais dont elle se croyait éperdument amoureuse ?

"Et puis vous êtes perdue il me semble : si je ne suis pas là pour vous guider comment rentrerez-vous ? Il n'y a plus de taxis à cette heure de la nuit : autrement j'en aurais moi-même pris un."

Deuxième mensonge. Pour celui-là elle dut user d'un peu de persuasion. Elle tenait à garder sa nouvelle "amie" près d'elle le temps de fouiller un peu plus avant dans son crâne. Et cela ne serait guère possible si elles se trouvaient en présence d'un tierce personne : même si quelques non -humains osait travailler la nuit comme taxi non déclarés, elles risquaient de tomber sur un humain. Non, elle ne pouvait pas prendre ce risque inutile.
Inutile car pour le moment elles ne risquaient rien, ou presque.

"Nous n'avons qu'à presser le pas, ainsi nous arriverons plus vite à destination."

Et encore une petite touche de persuasion pour remettre Närha en marche.
Bon, il était temps de la distraire quelque peu, de tromper sa vigilance. Ensuite elle tenterait d'en savoir plus sur les petits secrets de la jeune femme.

"Vous me disiez donc que vous êtes journaliste : cela fait longtemps ? Vous avez commencé en arrivant ici ou bien dans votre ville d'origine ? Je ne connais pas bien le Nord vous savez, je ne sais pas quelles en sont les grandes villes et s'il y a des journaux connus là-bas. La vocation vous est venue jeune ou bien sur le tard ?..."

Pour le moment elle devait la faire parler. Qu'elle se concentre sur des souvenirs. Que sont attention soit détournée sur un point précis. Lorsqu'elle serait détendue et complètement concentrée sur autre chose, alors elle pourrait utiliser son talent de télépathie en forçant le moins possible. Elle aurait moins de chances de se faire remarquer et pourrait fouiller à loisir. Elle commencerait par chercher à savoir ce que Närha faisait ici ce soir, avant qu'elles ne se rencontrent...
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Nähra Kuddì

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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Mer 26 Mai - 23:16

Melissa auf der Maur - Isis speaks

    Plus de taxis à cette heure ? Je souris, amusée. Quel genre d’idées ces « parents strictes » ont-ils bien pu mettre dans la tête de leur fille pour la persuader qu’il n’y avait plus de taxis passée une heure X de la nuit ? Amusant. Je ne me formalise pas, et je n’essaierai pas de la détromper. Ses parents lui ont sûrement fait croire cette ânerie pour la pousser à rentrer plus tôt, les soirs d’école. J’avais moi aussi eu des parents plutôt strictes. Disons qu’à l’époque, mon avenir était tout entier misé sur ma carrière sportive. Ils prenaient à cœur mes performances et surveillaient de très près mes fréquentations, et mes heures d’entraînement. Pour eux, il était très important que je me sorte de notre petit village paumé. J’en suis effectivement sortie …

    "Vous me disiez donc que vous êtes journaliste : cela fait longtemps ? Vous avez commencé en arrivant ici ou bien dans votre ville d'origine ? Je ne connais pas bien le Nord vous savez, je ne sais pas quelles en sont les grandes villes et s'il y a des journaux connus là-bas. La vocation vous est venue jeune ou bien sur le tard ?..."

    Sa question me prend de court et je dois garder le silence un moment, pour y penser. Pas que je ne connaisse pas la réponse.

    -Quand j’étais jeune, je voulais devenir championne dans un sport de combat. Gagner des médailles, vivre constamment sur l’adrénaline. Je n’avais jamais pensé à devenir journaliste. C’est trop inactif. Seulement quand je suis arrivée ici, je n’ai pas eu le choix de me trouver un boulot. C’était juste pour survivre.

    Et ma carrière dans les sports, je pouvais l’oublier. Journaliste, ça ne paie pas assez pour que je puisse me payer un entraîneur, me doter des conseils d’un diététiste … Surtout si, comme moi, on n’a pas les diplômes nécessaires. Alors là, les patrons s’en donnent à cœur joie pour pas vous payer la valeur de votre travail.

    -J’essaie de continuer l’entraînement mais … depuis quelques mois, j’ai souvent des migraines terribles et pas la force de m’activer autant que je le devrais. Entre le boulot, les maux de tête et les passages à vide…

    Je soupire, puis je m’aperçois de ce que je viens de dire. Un coup d’œil à la jeune femme, qui me regarde intensément, me confirme que j’aurais du me taire. Mais je suis tellement épuisée, et je commence à ressentir quelques douleurs, comme des courbatures dans tout mon corps. Comme après un entraînement. Sauf que je ne me suis pas entraînée depuis des semaines …

    -Excusez-moi. Je vous embête avec mes problèmes de santé …

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Amandine Guerin
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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Lun 7 Juin - 15:55

Un sport de combat ?
Une information qui avait certainement son importance. La violence qu'elle avait ressentie en fouillant en surface l'esprit de Närha était sans doute reliée à ce détail mais...c'était aussi trop dur, trop sanglant pour ne venir que de là. Amandine ne perdait aucune miette de ce que la jeune femme lui livrait sur un plateau.
Pourquoi n'avait-elle pas concrétisé une carrière sportive ? Manque de talent ? Blessure ? Quelque chose de plus inattendu ? En tout cas elle ne semblait pas être venue ici par choix, son métier ne la satisfaisait pas...
Lorsqu'elle évoqua des migraines, l'adolescente ne pu s'empêcher d'y flairer là un détail crucial. Les maux de tête coïncidaient souvent avec un désordre mental. Oui, contrairement à ce que pensaient la plupart des humains, tout spécialement le corps médical, l'origine des migraines était à 99% d'ordre psychologique. L'aspirine n'était qu'un placebo. La journaliste avait donc les méninges emmêlées, et ça elle avait pu le constater.

-Excusez-moi. Je vous embête avec mes problèmes de santé …

Un joli sourire répondit à Närha.

"Vous ne n'ennuyez pas voyons, c'est moi qui vous assaille de questions. J'avoue que je suis une bavarde, et je manque parfois d'éducation en demandant des choses trop personnelles. J'espère que je ne vous pas incommodée avec mon insistance."

Sa compagne était maintenant gênée et troublée. Mais pas à cause de ses questions, Lullaby le sentait. Non. Elle se remémorait des souvenir, et son corps avait aussi décidé de se rappeler. Il était temps d'aller faire un petit tour à l'intérieur.
Dans un geste très enfantin, elle s'agrippa au coude de la jeune femme et l'entraîna en avant. Elles se retrouvèrent ainsi à marcher bras dessus bras dessous. La faible résistance qu'elle lui opposa confirma qu'elle était trop préoccupée par ses propres pensées pour prendre offense d'une chose aussi peu formelle. C'était bon signe : avec un peu de chance les regrets qu'elle avait évoqués trainaient quelque part en surface et ne demandaient plus qu'à être cueillis. La petite blonde adorait cette partie.

"Ca ne vous gêne pas si on accélère un peu ? Il ne faudrait quand même pas trop s'attarder dans le coin."

Et si elles marchaient plus vite il serait plus fatiguant de converser. Ce qui arrangeait les affaires d'Amandine, qui avait besoin de se concentrer un minimum pour épier sans risques les méandres de cet esprit tourmenté. Elle n'avait pas envie de s'y perdre par mégarde.

Noir. Froid.
Une impression de malaise, de peur.
Des hommes, du sang. Beaucoup de sang.
Le silence.
Un visage. Närha ? Non. Elle lui ressemble pourtant un peu... mais ce n'est pas elle, non. Elle n'a pas la même aura, pas la même odeur.
Plus de peur. Le vide à l'extérieur. Mais dedans... il y a quelqu'un. Encore elle ?
Rien.
Des coups. Encore du sang. Une silhouette.
Tiens, il ressemble un peu à... Elle se bat. Elle sait se battre, elle s'est toujours battue, elle se bat encore. Mais elle ne le sait pas. Elle est absente lorsque...


Le bitume du trottoir réapparut doucement devant ses yeux, et elle sentit de nouveau la chaleur dégagée par la journaliste. C'était encore loin d'être clair mais elle avait mis le doigt sur quelque chose. Närha n'en avait pas conscience, mais elle n'avait jamais cessé de se battre. Elle ne combattait plus pour le sport, mais elle se battait dans la rue. Elle d'après ce qu'elle avait pu sentir, elle avait tué. Et les silhouettes qui imageaient une partie de ces souvenirs inconscients ne laissaient aucun doute : il s'agissait de vampires.
Pas plus tard que ce soir, la jeune femme complètement déboussolée qui ne savait pas comment elle avait pu atterrir aussi loin de chez elle s'était improvisée chasseuse de vampires. Quoiqu'à la vue des images résilientes, "improvisé" n'était sûrement pas le terme juste : cela ne semblait pas être la première fois. Et ce coup-ci elle avait particulièrement bien choisi son quartier...
Lullaby ne pu s'empêcher de sourire, d'un sourire non feint cette fois. Elle tenait quelque chose qui valait de l'or. Ses clients paieraient sans sourciller pour des informations sur un chasseur. Mais il y avait peut-être encore plus intéressant là-dessous. La personne qui avait fait ça à la jeune femme, celle qui l'utilisait.
Parvenir à instrumentaliser entièrement un être pensant. Le contrôler sur le long terme, sans même être présent. Un marionnettiste, un vrai. Il fallait qu'elle le trouve. Ou plutôt qu'elle LA trouve. Oui, elle, celle qui ressemblait tellement à...

...la jeune femme qui la regardait fixement.

"Qu'y-a-t'il ?"

Et un sourire de circonstances.
Combien de temps avait-elle plongé ? Assez longtemps pour que Närha remarque son absence ?
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Nähra Kuddì

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MessageSujet: Re: Nuit obscure [libre]   Mer 23 Juin - 11:17

    Cette jeune fille est tellement aimable; elle me répond avec le plus charmant des sourires que je ne l’embête pas, mais qu’au contraire, c’est elle qui doit m’embêter avec ses questions. Mais ce n’est pas du tout le cas. J’aime les gens, j’ai toujours apprécié la discussion. Ce que je n’aime pas, c’est la peur que certains individus peuvent m’inspirer. Je fais allusion à ces êtres horribles et sanguinaires qui ont détruit le village de mon enfance et dévoré tout ceux que j’aimais. Dans un geste vif et tellement innocent, Amandine me prend par le bras. Je le remarque, mais je n’en remarque pas plus. Je suis un peu trop concentrée sur mes histoires. Je n’aime pas ces souvenirs. À vrai dire, cette nuit où le village a été décimé … c’est la première nuit où ma mémoire m’a joué quelques tours. Mais ça, c’est à cause d’un coup que j’ai reçu, probablement. Rien à voir avec les trous noirs qui m’assaillent depuis quelques années et qui n’ont de cesse de venir me troubler et me refiler les pires maux de tête imaginables. Je soupire.

    "Ca ne vous gêne pas si on accélère un peu ? Il ne faudrait quand même pas trop s'attarder dans le coin."

    Je hoche la tête. Je ne vois pas en quoi cela pourrait me déranger. À vrai dire, j’ai de plus en plus envie d’arriver jusqu’à chez moi. Il y a une sensation de froid qui parcourt mon corps, qui me glace littéralement depuis quelques instants. J’ai peur. Peur que ça revienne. Peur de perdre le contact avec la réalité et de me réveiller quelque part et de ne pas savoir ce que je fais là. C’est pire quand je suis avec quelqu’un. J’ai tellement peur de moi-même, tellement peur qu’on me perçoive comme une folle sous médication visiblement insuffisante que je fuis le plus possible les contacts, j’essaie qu’on ne me connaisse pas trop. Et pour moi qui aime tant les gens, c’est plutôt pénible, comme compromis. Nous marchons un moment en silence puis, je remarque que le visage d’Amandine est vide de toute émotion. Elle n’a même pas l’air de regarder où elle va. Pour quelqu’un qui doit m’indiquer le chemin jusque chez moi, je trouve cela plutôt particulier. Je ralentis l’allure. Peut-être pense-t-elle à quelque chose de profond. Ou alors elle est seulement dans la lune. Ça arrive si souvent, c’est bête. Et puis il est tard. Elle est sans doute fatiguée. Moi je le suis. Je ne demande qu’à retrouver mon lit, m’y étendre et dormir le plus longtemps possible avant que mon cadran ne me réveille en me criant que je dois aller travailler au plus vite. Amandine semble tout d’un coup revenir de son voyage. Elle se reforge un sourire et me demande ce qu’il y a. Intéressant.

    -C’est plutôt moi qui devrais vous poser cette question. Vous avez l’air toute blême, et pas tout à fait là.

    En fait, elle avait, quelques secondes avant, la tête d’une personne qui a aperçu quelque chose d’anormal. Je cligne des paupières et regarde autour de nous. Les rues étaient sombres, peu rassurantes c’était vrai, mais pas moins que quelques secondes plus tôt, avant qu’Amandine n’ait cet air étrange sur son visage. Je fronce les sourcils et ramène mon regard sur la jeune fille.

    -Vous êtes malade ?

    Oui, elle m’a dit tout à l’heure qu’elle couvait une vilaine grippe. Elle est peut-être plus vilaine qu’il n’y parait. Parce qu’en fait, elle n’a pas l’air grippée du tout. Elle ne se mouche pas, n’a pas les yeux vitreux, n’a pas non plus l’air en état de faiblesse. Au contraire, à côté de moi à cet instant, elle a l’air d’être la plus forte de nous deux.

    -Si vous le voulez, en arrivant chez moi je vous prépare une eau chaude avec du citron. Je ne connais pas les propriétés exactes mais ma mère m’en faisait boire une dès que je me sentais un peu mal.

    Je me tais. Penser à ma mère me fait vriller les paupières. Cela faisait longtemps que je n’avais pensé à elle, à mon passé, à ma famille. Je me demande ce que nous serions devenus, s’il n’y avait pas eu cette tuerie.

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