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 Pourquoi faut-il ... [pv Kami]

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Patrics Meadows

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MessageSujet: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Lun 4 Jan - 13:55

Il avait reçu la lettre quelques semaines plus tôt. D’abord il n’y avait pas cru. Lui qui s’était isolé au loin pour perdre tout contact avec sa famille et cette maudite fortune gagnée de manière sale … Il avait reposé la lettre sur son classeur et lui avait lancé des regards noirs à tous les matins qu’il passait devant au moment de sortir. Il l’avait relue plusieurs fois, l’avait chiffonnée, piétinée, déchirée. Il resterait chez lui, dans son petit appartement pourri et n’aurait plus jamais à entendre parler de cette histoire. Ses parents étaient morts, soit. C’était bien. Ils ne lui avaient jamais accordé la moindre attention. C’était seulement parce qu’il n’était pas mort avec les autres qu’il recevait la totalité de l’héritage. Pas parce que ses parents l’avaient décidé. Probablement qu’ils avaient tout voulu léguer à son frère. Il y avait tout à parier là-dessus. Mais Patrics n’avait rien à parier. Il accumulait les dettes à tous les mois. Non. Il ne voulait pas de cet argent. Il ne voulait de rien. Mais le téléphone n’avait pas arrêté de sonner durant la dernière famille. C’était le comptable de la famille, ou alors l’exécuteur testamentaire qui en avaient après lui. Il finit par abdiquer. Soit. Si on lui donnait la fortune familiale, il en tirerait quelque chose de bon. Il ferait construire des écoles, aiderait les pauvres … tous ces trucs qu’on voit dans les films. Patrics n’aurait rien voulu posséder qui soit bon pour lui : il ne savait même pas ce que ça signifiait « bon pour lui ».

Il s’était donc rendu ici, à la grande tour qui symbolisait le monde des affaires et la puissance au sein de la ville. Au sommet, il y avait les bureaux des dirigeants. Un étage en dessous seulement se trouvait les bureaux de l’entreprise de sa famille. Il les avait visité sans vraiment s’y intéresser. Tous ces gens travaillaient sans se soucier le moins du monde de l’arrivée d’un nouveau patron. Patron … Ça lui faisait étrange ce mot. De toute façon, il ne comptait pas s’occuper de la compagnie. Il nommerait quelqu’un pour le faire à sa place. Il n’y connaissait rien, au monde des affaires. Tout ce qu’il voulait, c’était de flamber tout cet argent. Lui, l’écologiste, lui, l’adepte de la simplicité volontaire … il possédait plus d’argent que presque tous les citoyens. Il avait ce chéquier dans sa poche. Il signerait des chèques et les offrirait aux gens qui en avaient plus besoin que lui.

Arrivé en bas de la tour, il fut pris d’un vertige qu’il ne put pas s’expliquer. Il ressentit le besoin de s’asseoir un instant, de respirer l’air pollué de la grande ville à pleins poumons comme s’il cherchait le dernier effluve d’air pur à aspirer.

Il ne songea pas un instant à la cause réelle de son malaise. Il crut que c’était toute la vision de ce luxe qui lui donnait le tournis, mal au cœur. Mais ce qu’il avait réellement ressenti, lui, l’homme qui avait toujours été aussi invisible que la tapisserie, c’était ce gouffre qui s’ouvrait tout d’un coup à ses pieds. Un gouffre non pas aussi menaçant qu’il le croyait, en tout cas pas de la façon qu’il le croyait. Ce qui s’ouvrait à ses pieds, c’étaient des possibilités qu’il n’avait jamais eues durant tout le long de sa vie. Des plaisirs qui lui avaient toujours été refusés et qu’il pourrait s’offrir.

Mais il crut à du dédain et s’épongea le visage avec son mouchoir. Il resta assis sur le parvis et se montra totalement aveugle aux gens qui circulaient, sans le voir.

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MessageSujet: Re: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Jeu 21 Jan - 20:18

-Nous sommes dans l’obligation de refuser votre demande, j’ose espérer que vous accepteriez cette décision peu importe les conséquences que cela provoquera pour votre entreprise.

Le gros bonhomme lisse sa moustache touffue et croise ses doigts boudinés sur sa bedaine molle. Je zieute sa chemise rose dont les boutons menacent d’exploser à tout moment. J’vois de la peau pâle par bout pis des poils noirs frisotés. Beurk. Le bonhomme lèche avidement ses grosses lèvres gercées et ses petits yeux de taupe me dévisagent d’une façon que j’aime pas du tout.

-C’est quoi c’histoire-là, monsieur? Vous m’avez toujours toujours toujours donné des subventions pour les recherches pis là, vous pognez la trouille et vous vous barrez?

-Nous refusons parce que la somme que vous nous demandez est beaucoup élevée et votre projet, beaucoup trop audacieux pour une jeune fille de votre âge.

Je me gonfle. Une fille de mon âge, hein?

-Mon âge vous a jamais causé de problème.

Taupe plisse ses p’tites paupières pas chouettes. Sa moustache s’agite méchamment, assez pour attirer mon attention et m’fasciner quec instants.

-C’est non, mademoiselle Doyle.

Ton ferme, catégorique. J’grogne, j’jure un peu, botte le bureau d’un coup de pied ben sauvage – auquel répond Taupe par une exclamation courroucée -. C’est quoi c’affaire-là de me refuser une avance. Yont plein de cash dans cette compagnie-là… Pis yont toujours voulu me faire des prêts pour mes expériences… je les rembourse toujours. Je me renfrogne de plus en plus. Eh merde! Second coup de pied. J’fais une trace sur le bureau, ça me console pas, pas pantoute. Y veulent rien me donner… nada…

-C’est l’père, hein? Fumier, ça doit être lui derrière tout ça… pas capable de digérer que sa fille s’t’un génie… fec y me coupe dans mes subventions… C’est ça, c’est l’père Doyle qui vous a payé pour m’refuser du fric, hein? Colon.

Je me détourne brusquement, contourne le fauteuil de cuir réservé pour le client – sur lequel je ne pose jamais mes fesses divines : on sait jamais quelle cochonnerie s’est assise dessus avant moi, pis j’suis pas pour tout nettoyer. Je salue cordialement Taupe, en lui envoyant une belle insulte grossière pis un geste pas gentil-gentil de la main. J’vas me débrouiller, moi. J’vas trouver un moyen pour obtenir du cash. C’pas la première fois que l’père m’fait ce coup bas là. Ou du moins quelque chose dans cette merde-là.

J’sors du bâtiment – en prenant ben soin de frôler personne. Y fait soleil. Je grince des dents. Ma peau sensible est pas habituée à ce genre d’éclat lumineux. J’me mets des lunettes fumées. Ya une sonnerie aigue qui part. Je sursaute pis j’réalise que c’mon téléphone. J’appuie sur une petite surface métallique dans le pavillon de mon oreille pis une voix résonne contre mon tympan.

-Alors, ma fille, bonne journée?

-Chien sale. T’penses m’empêcher de t’battre à l’expo scientifique… mo t’arriver avec quec chose de ben capoter pis je vas t’battre à plat de couture. Tu vas voir.

Petit ricanement de la part du géniteur.

-Eh bien… je trépigne d’impatience de t’y rencontre… Au fait, certains de mes collègues ont cru t’apercevoir lors d’une soirée spéciale… t’apercevoir nue…

Je hurle de rage, attrape la boulette de technologie enfouie dans mon oreille, la porte à ma bouche pis je gueule des obscénités épouvantables qui feraient blêmir d’envie Truc-Machin-Chouette Darius. Pis ensuite, je lance le bidule de toutes mes forces contre…

Un crâne humain qui tressaille. J’regarde avec consternation cette tête qui pivote dans ma direction avec un air pas franchement content. Mon téléphone miniature a disparu quec part dans la rue, hors de ma vue. J’adresse au type un sourire innocente et j’agite la main de tout côté comme une gamine… pis je me reprends… question d’avoir un peu plus de dignité… quand même.

-Euh… coucou…
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Patrics Meadows

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MessageSujet: Re: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Mar 26 Jan - 19:47

    Quelque chose vient frapper derrière sa tête. Ce n’est pas douloureux, mais ce n’est pas agréable. Et surtout, c’est totalement inattendu. Vous êtes là, à réfléchir, et tout d’un coup il y a cette petite intrusion dans le fil de vos pensées, qui vient le couper complètement. Patrics releva la tête avec lenteur, leva le bras et se massa l’arrière du crâne, chassant un objet qui ne s’y trouvait déjà plus. Il ne trouva rien mais profita du mouvement pour mettre, d’un geste, un peu d’ordre dans ses cheveux. Il regarda autour de lui. Il ne cherchait pas une personne, mais bien l’objet en soi qui avait pu lui être lancé. Son regard finit par s’arrêter sur une jeune femme à l’air agité. La raison pour laquelle il la remarque, ce n’Est pas pour son style, son allure ou même sa beauté. Elle est mignonne, oui, mais pas à se jeter par terre. Non. La raison pour laquelle il avait remarqué cette personne et pas une autre, c’est parce que celle-ci le regardait. Ça, en soi, c’était étonnant. Patrics Meadows savait qu’il n’avait rien pour attirer l’attention. Il le savait depuis l’enfance, alors qu’il faisait tout pour attirer un regard de ses parents mais n’en recevait pas le moindre. La fille l’étonne encore plus lorsqu’elle agite la main dans sa direction et lui adresse la parole.

    -Euh… coucou…

    Bon … Il y a des conversations plus élaborées, mais Patrics est tout confus par ce simple mot. Tout confus qu’on lui adresse une parole, à lui qui doit toujours faire des pieds et des mains pour démarrer une conversation – ce qu’il ne se donne même plus la peine de faire depuis longtemps. Il cligne des yeux, incertain. Pour s’assurer de ne pas se méprendre et faire un fou de lui, il regarde tout autour, pour voir si en fait, la fille ne s’adresserait pas à quelqu’un d’autre. Pour le peu de fois qu’il avait des contacts humains, il n’avait pas envie d’avoir l’air tout à fait ridicule : ça ne le réconcilierait pas avec son côté sociable, si vraiment ce côté existait quelque part en lui. Il leva la main et l’agita lentement à son tour. Une seule question demeurait dans son esprit : qu’est-ce que cette jeune femme pouvait bien lui vouloir.

    -Vous … Je peux vous aider ?

    Il ne lui vint pas un instant à l’esprit qu’elle pouvait être celle qui lui avait lancé quelque chose sur la tête. Après tout, la chose pouvait très bien avoir été bottée accidentellement par un passant. Les gens circulaient beaucoup, par ici. Il doutait fortement que c’eut put être un geste délibéré. Et puis si ça l’avait été, la personne qui l’avait fait s’était probablement déjà éloignée. Il se redressa, dépoussiéra ses jeans – qui n’en avaient pas réellement besoin – et se leva pour faire face à la jeune fille. Tout de suite il fut frappé par quelque chose. Il était certain de la connaître. Peut-être pas elle. Ce n’était pas son visage mais vraiment certains traits qui lui rappelaient quelqu’un. Il cligna à nouveau des paupières, fit un pas en avant et l’observa plus longuement, allant jusqu’à pencher la tête sur le côté avant de s’exclamer – un bien grand mot, disons plutôt qu’il constata.

    -Ne seriez-vous pas la fille du Dr. Doyle ?

    Il avait un vague souvenir. Il se souvenait de son adolescence, quand ses parents essayaient encore de l’intéresser au métier de salopard plein aux as. Il se rappelait de plusieurs réunions avec ce scientifique qui venait demander des subventions à sa famille. Il se rappelait de cette petite fille qui pleurait et criait pour aller s’amuser ailleurs. Il se souvenait avoir pris, à la demande de ses parents, cette enfant pour l’emmener ailleurs le temps des négociations. Il ne savait pas si c’était elle qui était devant lui, mais il ne doutait pas qu’elle avait un lien de parenté avec ce scientifique.

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MessageSujet: Re: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Jeu 4 Fév - 22:48

Il a une tête de babouin éberlué. Ah les hommes, pas foutus de tout comprendre. Ouais, je t’envoie un tata, à toi gros tarla! Arrête de regarder tout autour de toi, j’suis la seule à t’porter une gentille toute adorable attention. Y se lève enfin, époussète ses jeans pis s’avance prudemment vers moi. Voyons, j’te mangerais pas… Certainement pas. Tsé, bouffer la viande crue, ça doit pas être ben propre pour le système ça. Peut-être même que tu portes des virus dans ton organisme, j’risque de tout contracter… pis de claquer avant d’avoir pris ma revanche sur mon vieux.

-Vous … Je peux vous aider ?

Hum… ça dépend. Si ça te tente de te jeter dans rue pour aller récupérer mon cellulaire microscopique, vas-y fort… Sinon ben y me reste qu’une seule solution : m’en fabriquer un autre rendue à maison. Ou, si par un merveilleux hasard, t’es plein aux as, ça m’aiderait pas mal. Mon boulot de mécano au service de cet abruti de Darius ne me fournit pas assez de cash, fec je peux pas m’acheter tout le matériel nécessaire à la conception de mon formidable projet. Pis si t’as plein plein plein d’argent, je te juuuure que je te donne un gros bec sur la bouche. Oui oui, un vrai de vrai de vrai, avec d’la salive, une langue pis des lèvres consentantes. Bon, après je vais me piquer pour décourager les microbes de m’envahir, mais je te promets la meilleure bise de ta vie. Quand même, c’pas rien.

-Euh…, que j’émets avec aucune conviction.

Ouin… Si t’as vraiment du fric, j’suis obligée de te dévorer la gueule, me tente pas tant que ça, finalement. Mais t’as l’air d’un pauvre… t’as pas le panache des hommes richissimes. T’as pas l’air chiant, toi. Juste ben coincé dans ta tête.

-Ne seriez-vous pas la fille du Dr. Doyle ?

Je sursaute. C’est écrit sur mon front? Il a su ça où que j’étais sa fille? Je le toise avec méfiance. C’est p’t-être un espion du père ou… quelqu’un de la compagnie. Ou… Je deviens littéralement livide. Blanche comme un drap. Il aurait pas… Euh… Il aurait pas assisté à la p’tite soirée de la Lady à la Lanterne Rouge? Nooooon… Faut pas. Il m’aurait vue à poil devant la population entière…? Me rappelle plus trop de cette soirée, mais le souvenir de me nudité est encore bien cuisant.

-Euh… Possible. Dépend… T’es qui toi?

C’est pas un adversaire scientifique : il a pas la tronche de l’emploi. Il est trop banal, trop commun dans son genre pour être un sauté comme nous. Pis j’suis pas tellement populaire, mettons qu’on veille à ce que ma renommée glorieuse soit étouffée. Une gamine de seize ans qui bottent les gros culs mous des vieux scientifiques, ça torche en sale. Hum… Fec, ma renommée est plutôt… secrète… genre qu’elle est plus souterraine. Ça se dit une renommée souterraine? Rha, tant pis! J’suis pas une putain de linguiste. Les subtilités de la langue, mes fesses oui!

-Tu me connais d’où, exactement?

J’examine le type. J’ai une mémoire infaillible. C’est peut-être l’un des mecs avec qui j’ai essayé de coucher mais que ç’a jamais fonctionné. Non, pas le genre d’homme que je zieute ou que je laisse m’approcher à plus de deux mètres. Darius, j’pourrais le laisser s’approcher, mais ses antécédents sexuels jouent à sa défaveur. Darius, ce boulet. Je me secoue. Bon, le gars. Il est grand, mince, beauté discrète… Me dit rien… Je plisse mes tites paupières et tends mon ti cou. Regard terne, dépressif. Ça bouge dans mes souvenirs. Ça cogite fort sous mon crâne. J’ai des images. L’père qui discute de broutilles avec un gros bonhomme. Un jeune qui me tire par la main.

Je lève un doigt.

-Tu serais pas ce type qui me gardait quand j’étais gosse?

J’en ai la mâchoire qui me tombe sa poitrine. Et il était qui… exactement
?
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MessageSujet: Re: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Mer 17 Fév - 11:26

    La fille eut un gros sursaut quand il lui posa cette question, ce qui ne manqua pas de l’étonner. Il trouvait toujours cela étrange de provoquer une réaction chez les gens. Et là, visiblement, il l’avait saisie sur le vif cette petite. Elle était blanche comme un drap et regardait ses pieds. Puis elle avait relevé le nez, toujours aussi farouche mais un peu plus baveuse, comme si elle voulait prouver au monde entier qu’elle était inébranlable. Il la trouva mignonne dans le genre. Elle lui faisait vraiment penser à cette petite fille qu’il prenait par la main pour l’emmener jouer plus loin, loin des conversations ennuyeuses des « grands ».

    -Euh… Possible. Dépend… T’es qui toi? Tu me connais d’où, exactement?

    C’était bien là le problème. Ce n’était qu’une impression qu’il avait. Il savait qu’il la connaissait et ça datait d’avant son désintérêt total pour la vie. À cette époque, il lui arrivait encore de sourire, de s’amuser. Mais ses parents ne voulaient pas qu’il s’amuse : ils voulaient qu’il concentre tout ce qu’il avait sur son devoir envers la compagnie. S’il ne s’était pas enfui de la maison très jeune, il aurait sûrement fini par être un petit employé de bureau minable. Ses parents ne lui auraient pas donné un poste important. Ils réservaient ça à son frère. Mais ils étaient tous morts. Et maintenant c’était lui le propriétaire de cette compagnie, de cette masse d’argent incroyablement supérieure à tout ce qu’il avait pu toucher au cours de sa vie. Lui qui était totalement anticapitaliste … Il se retrouvait à la tête de tout un empire privé, responsable d’il ne savait combien de fortunes, responsables de prêts, de dettes devant lui être remboursées … Ce n’était pas l’avenir qu’il s’était choisi. De plus, il n’avait pas le charisme nécessaire pour travailler avec des millionnaires désagréables.

    -Tu serais pas ce type qui me gardait quand j’étais gosse?

    Il hocha la tête. C’était ce qu’il croyait, effectivement. Et le fait qu’elle le voie comme tel confirmait un peu sa théorie. Il plaça sa main à la hauteur du milieu de sa cuisse et dit : « À l’époque t’étais grande comme ça … » À l’époque, lui, il était un adolescent trop grand et trop maigre. Il s’était tapé sa poussée de croissance d’un seul coup, très jeune. Il se souvenait d’avoir été longtemps malhabile à cause de ces membres trop longs dont il ne savait pas quoi faire. Il avait encore grandi, n’était pas gros mais il avait pris du poids, s’était remplumé le coffre. C’est ce qui arrive quand on ne fait pas d’exercice et qu’on mange de la nourriture de mauvaise qualité. Il pensa aux repas que sa fortune nouvelle lui permettrait de se payer. Non. Il ne tomberait pas là-dedans. Il garderait un appartement. Pas de loft. Pas de maison. Il voulait continuer à vivre dans la simplicité. Son argent, il le donnerait, il s’en fichait comme de l’an quarante. Il lui brûlait les doigts et l’esprit.

    -Kami, je crois. C’est ça ?

    Et pour une raison tout à fait vague, il décida d’ajouter : « Moi c’est Patrics. » Elle devait s’en ficher de son nom. Tout le monde s’en fichait. Elle devait présentement être occupée à chercher une « get out line » qui lui permettrait de se tirer loin de lui. Il devait l’ennuyer considérablement. Mais il décida de continuer, parce qu’elle avait un point d’interrogation gros comme son poing au milieu de la face.

    -Les gens avec qui ton père discutait pendant des heures, c’étaient mes parents. Quand tu faisais trop de bruit ils me demandaient de t’emmener jouer plus loin.

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MessageSujet: Re: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Ven 12 Mar - 1:44

-Moi, c’est Patrics.

C’est freak comme prénom, Patrics. Pourquoi le « ics » à la fin? C’est pas ben ben commun. Tout cas, jamais entendu ça de ma vie… faut dire que ma vie est pas ben longue, c’est ce que me répète l’père le plus souvent. Étant trop jeune, j’devrais pas m’investir autant dans mes expériences : j’reste « une gamine inexpérimentée » selon le conseil scientifique des tits séniles. Au moins, moi j’peux me vanter d’avoir encore toute ma tête… même si certaines personnes prétendent le contraire. Machin-chouette Darius, par exemple, propose la théorie d’un manque d’oxygène à la naissance. J’ai pas manqué d’air à la naissance, moi. Je suis parfaitement saine d’esprit : je me fais pas tatouer des femmes cochonnes sur le sexe. Juste de m’imaginer l’aiguille s’enfoncer là, pis étaler un liquide pas du tout propre et santé, ça me revire l’estomac. Patrics me dévisage curieusement pis il ajoute :

-Les gens avec qui ton père discutait pendant des heures, c’étaient mes parents. Quand tu faisais trop de bruit ils me demandaient de t’emmener jouer plus loin.

AAAAAAAAAAAH! Rho mais, il est devenu joli garçon le gringalet de mon enfance! Regardez moi ça, il est pas top canon comme Darius… Faut dire que Darius a tout l’arsenal nécessaire pour séduire les femelles : une belle gueule, une voix chaude, une personnalité de tombeur à la langue acérée, un corps, ma foi, ben ben musclé pis il paraît qu’il est assez doué avec son… avec sa… avec son gland et ses cocottes. Patrics lui… me souvient d’un type efflanqué pas parleur du tout qui avait en permanence un air blasé. J’me souviens de nos pères qui nous forçaient à sortir de la pièce, pis Patrics me guidait vers le dehors, où j’pouvais courir et sautiller et rire. Ça me fait tout bizarre de le rencontrer à nouveau .Le Patrics d’aujourd’hui semble épuisé et vide, les épaules voûtées, la voix faible et hésitante. Il a jamais été ben ben sûr de lui, si j’me souviens ben… Alors que Darius croit être le Dieu des dieux avec sa cervelle de linotte et ses pectoraux visibles de la lune, et sa bite rongée par la saleté des vagins usagers. Patrics a l’air plus propre que Darius, mais faut jamais se fier aux apparences… Patrics est peut-être un sale pervers dégueulasse qui met des lézards. On sait jamais. Attends… il a dit un truc super important…

-Ton père! Ton père c’est le boss de la compagnie? Waaaa… pas de chance. Si je me souviens ben, c’était pas un chic type… un peu bête. C’est drôle, j’ai pas tellement grandi depuis la dernière fois.

Je lui indique la cuisse qu’il a utilisée pour mesurer ma hauteur de gamine, mais je lui arrive même pas au menton. Faut que je me torde le coup pour le regarder, comme Darius ou cet abruti de sauvage à la Lanterne Rouge… beaucoup trop grands ses hommes, ou c’est moi qui suis petite.

-Mais j’ai mûri, j’t’assure, j’te demanderais plus des choses embarrassantes.

Je l’ai fait rougir plus d’une fois, ce pauvre gars. J’posais des questions sur pas mal de choses, pis des fois – souvent – ça relevait d’un domaine auquel il n’était pas habitué. Ou sinon je lui narrais les bienfaits d’un traitement ou décrivais avec emphase le processus de création d’un robot humanoïde. Et je crois lui avoir suggérer d’éviter les antres putrides des femelles et des mâles. Mais j’peux me tromper.

-Mais bon. Qu’est-ce tu fous dans le coin? Tu m’attendais, pour me faire faire la promenade matinale?

Je lui adresse un sourire plein de malice. La malice, c’est chouette, quand on sait l’utiliser pis la doser, ce qu’apparemment j’sais pas faire.

-Mais j’ai pas trop le temps, les employés de ton vieux m’ont refusé un prêt… Bande de caves. Y savent ben que je fais du cash pis que je pourrais les payer… mais mon père s’est mis en tête de me mettre des bâtons dans les roues : y fonce drête vers les banquiers et tout le bataclan et les convainc de pas me donner de blé. Pas chouette. Mon compte se vide, pis là oups! J’en ai pas pu assez pour faire ce que je veux faire.

Je secoue la tête, découragée.
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Patrics Meadows

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MessageSujet: Re: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Jeu 18 Mar - 0:38

    -Ton père! Ton père c’est le boss de la compagnie? Waaaa… pas de chance. Si je me souviens ben, c’était pas un chic type… un peu bête. C’est drôle, j’ai pas tellement grandi depuis la dernière fois.

    Elle est étourdissante. Presque aussi étourdissante que la gamine qu’il se rappelle. Il enfonce les mains dans ses poches, ne sait pas trop comment agir, maintenant qu’un semblant de conversation a été lancé. En fait, son embarras est causé par autre chose. Cette fille est si petite et si semblable à ce qu’elle était à quatre et cinq ans qu’il se demande si ce qu’il a devant lui est vraiment une adolescente ou la même petite furie qu’autrefois. Ça y ressemble vachement, en tout cas. Elle gesticule et parle autant.

    -Mais j’ai mûri, j’t’assure, j’te demanderais plus des choses embarrassantes. Mais bon. Qu’est-ce tu fous dans le coin? Tu m’attendais, pour me faire faire la promenade matinale?

    Alors ça, pour sûr qu’il se rappelle de ça. Kami Doyle et ses 1101 questions gênantes. Il se souvient qu’elle lui demandait, chaque fois qu’elle le voyait, s’il utilisait des préservatifs. S’il avait des rapports non protégés – quatre ans, bon sang ! – et bien sûr, s’il se lavait bien les mains avant de passer à table. Il soupçonnait chez elle, à cette époque, une future et déjà bien entamée hypocondrie. La pauvre petite … Il espère vaguement, mais sans grands espoirs, qu’elle a su soigner ce petit côté de sa personne. Parce que vivre dans la crainte des microbes, c’est une plaie. Il avait connu des tas de gens, Patrics. Surtout dans le monde des affaires que ses parents avaient essayé de lui faire intégrer malgré lui : les gens de ce domaine étaient tellement préoccupés par leur travail et l’argent qu’ils développaient immanquablement un paquet de petites manies exaspérantes qui les empêchaient bien souvent de vivre. L’avarice était le pire défaut de ces gens. Ils ne vivaient que pour l’argent. Maudits soient les capitalistes, songe-t-il pour la énième fois depuis qu’il a appris le sens de ce mot. La mignonne le tire de ses pensées par un sourire un brin trop malicieux. Le même qu’elle avait lorsqu’elle voulait le supplier de lui payer une glace.

    -Mais j’ai pas trop le temps, les employés de ton vieux m’ont refusé un prêt… Bande de caves. Y savent ben que je fais du cash pis que je pourrais les payer… mais mon père s’est mis en tête de me mettre des bâtons dans les roues : y fonce drête vers les banquiers et tout le bataclan et les convainc de pas me donner de blé. Pas chouette. Mon compte se vide, pis là oups! J’en ai pas pu assez pour faire ce que je veux faire.

    Tiens, elle a choisi de suivre les traces de son père, mais celui-ci n’a pas l’air de prendre la chose d’un bon côté. Ça ne l’étonne pas que la petite ait atterrit dans le domaine des sciences. Elle était déjà très maline, quand elle était enfant. Elle lui avait même déjà réparé sa montre cassée en bidouillant les engrenages, un œil fermé et la langue entre les dents, comme tous les enfants quand ils se concentrent sur quelque chose et jouent les experts. Là, l’enfant génie est devant lui et elle a cette demande qu’elle n’ose pas prononcer juste au bout des lèvres. Il sait ce qu’elle va lui demander : « Est-ce que tu voudrais parler à tes parents et les convaincre de m’accorder un prêt ? » Patrics a un léger sourire, c’est-à-dire qu’un coin de sa bouche s’étire discrètement. Ses parents sont morts. Il est le maître de tout cet argent et il peut en faire ce qu’il veut. Pourquoi ne pas l’utiliser pour quelque chose que ses parents auraient désapprouvé ? Les banquiers refusaient de prêter à Kami ? Eh bien la nouvelle administration changerait ses rênes de mains et refuserait de prêter à son père. Ses parents auraient détesté … C’était donc une bonne idée.

    -Je voudrais bien plaider ta cause auprès de mes parents mais … ils sont morts. Je suis ici ce matin parce qu’apparemment j’ai hérité de tout ça.

    Il fait un signe vague de la main pour désigner la grande tour et ses alentours immédiats. Tout ça lui appartenait … Sensation de vertige, à nouveau.

    -Alors en fait, c’est toi-même qui vas devoir plaider ta cause auprès de moi.

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MessageSujet: Re: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Sam 1 Mai - 22:50

-Je voudrais bien plaider ta cause auprès de mes parents mais … ils sont morts. Je suis ici ce matin parce qu’apparemment j’ai hérité de tout ça. Alors en fait, c’est toi-même qui vas devoir plaider ta cause auprès de moi.

Ok. Primo, il est plein de cash, secundo, j’lui dois un french ben sale. Seigneur, je plaisantais au sujet du bec baveux, si si ! Je plaisantais, ah ah ah ! Quelle bonne blague, quelle blague écœurante ! Ça, oui ! J’suis une vraie bête de la plaisanterie, quand même ! Non ! Pourquoi est-ce que ses vieux sont mourus ? Pourquoi faut-il que dans ce genre de situation de marde je me permette de faire quelques promesses en l’air. Mais tsé, si je l’embrasse pas, personne ne saura que j’avais promis à mon sauveur le plus beau bisou de toute l’histoire de l’humanité… Quand même… Et puis, avec lui, ça serait mon premier. Tsé, toutes les adolescentes qui ont un tant soit peu de jugeote souhaiteraient avoir leur premier baiser avec un acteur de cinéma super populaire ou le mec canon inaccessible ! Moi, c’était l’un des scientifiques super réputés quand il avait vingt ans…

Rho, pis ça ! C’est un mec, un ti bec pis du frottage de totons contre son chest pis ça va faire l’affaire. Il va ben me donner le montant dont j’ai de besoin, c’est pas un sans cœur, c’est un adorable chou depress.

-Euh… tu me connais depuis longtemps, tu m’aimes bien, oui oui, j’te dis, personne ne peut me détester… à part mon papounet. Euuuh, je suis talentueuse et tout ce que je crée rapporte beaucoup beaucoup, alors ce n’est pas du blé perdu, juste égaré jusqu’à ce que je te le retrouve, tu vois? C’est convaincant, nah?

C’est avec une maladresse toute mignonne – j’aime le penser – que je lui attrape candidement la main pour l’entraîner à l’écart, mettons que de discuter de choses ultra sérieuses devant le building avec tout plein de gens qui puent tout autour me déconcentrent. Pis je fais abstraction – j’essaie tellement fort qu’une goutte de sueur va me tomber du front – de notre contact. Au moins, il a pas la peau moite, j’aimes pas les peaux moites, ça craint les peaux moites. Il a une peau de mâle, pas tellement douce. J’trouve un spot qui a un ti peu de verdure et un arbre pas terrible. Ya des n’amoureux qui s’explorent les amygdales et un type douteux qui fixe d’un air hagard un vieux journal jauni, froissé et déchiré.

-Ici, ça va être parfait…

Et avant qu’il pose ne serait-ce qu’une tite question, avant même qu’il comprenne ce que je viens de dire, je lui saute au cou. En fait, j’agrippe fermement sa nuque et l’oblige à s’incline de façon à ce… je… je… que nos… lèvres se touchent. Oh là… c’est doux. C’est drôlement chaud… drôlement humide, mais tellement trop doux. J’croyais pas que ça pouvait être aussi… amusant, aussi le fun… Mes mains empoignent ses cheveux, ma bouche happe goulûment la tienne, mon corps se frotte audacieusement contre celui du mâle pétrifié dont les yeux sont encore grands ouverts. Oh là… une simple injection d’antivirus ne fonctionnera pas, je vais devoir me montrer généreuse dans la portion d’antibiotique, très très généreuse.

J’en peux plus, je bondis de 8957645 pas en arrière, fouillant fébrilement et saccageant sans vergogne ma sacoche à la recherche de mes multiples seringues. C’est où ça, p’tain, j’en amène toujours avec moi, tout le temps! C’est impossible que… oh! Je mets la main sur un contenant de capsules bleues que j’ai moi-même confectionnées. J’en avale trois d’une claque et, ensuite, je me nettoie les lèvres, les mains, tout ce qui a touché au monsieur.

-Écoute, j’en ai pas après toi, hein. Mais tes bibittes, je préfère ne pas les héberger sur et dans mon organisme, tu vois. Sois pas vexé, pis ce baiser était très très bien, genre que si j’avais pas aussi peur de… tsé… de tes n’amis microscopiques, je reviendrais à la charge, t’as une bouche sympathique, toute gentille… Pis si tu m’offres la somme d’argent que je veux, je te promets de t’en donner… euh… plusieurs autres!

Le sourire que je lui dédie est légèrement vacillant. Merde, je viens d’embrasser quelqu’un… et je lui propose de l’embrasser encore! Chiaaaaaasse ! Faut que je rentre à mon labo pour procéder à des prélèvements, à des examens minutieux de mon corps. Il faut que je me mette en quarantaine pour les 878664566 prochaines années.

-Alors… mes arguments t’ont convaincu?
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Patrics Meadows

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MessageSujet: Re: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Jeu 3 Juin - 11:17

Bad Religion - Quality or Quantity

    Patrics termina à peine sa phrase qu’il pensa qu’il aurait mieux fait de se taire. Un simple « je te donne l’argent » aurait fait l’affaire. La lueur qui venait de s’allumer dans les yeux de Kami l’intrigua un instant, puis il s’en désintéressa, parce que c’était ce qu’il faisait toujours : manquer d’intérêt. Là, il craignait que la jeune fille ne s’éternise en énumérant un tas de raisons absurdes pourquoi il lui donnerait du fric. Elle n’aurait pas grand-chose à faire pour le convaincre. Son oui était déjà tout prêt à être sorti. Il voulait se défaire de cet argent sale gagné par ses parents au détriment d’honnêtes gens. Il le jetterait du bas d’un avion, il ferait des prêts impossibles à rembourser à tout vent, il offrirait des cadeaux à de parfaits inconnus ou alors il ferait un feu de joie dans les coffres forts de la compagnie. Mais quelle idée ses parents avaient-ils eue en lui faisant don de tout cela ! Ils connaissaient son aversion pour le capitalisme, ils savaient que leur compagnie se crasherait comme leur avion si elle tombait entre les mains de leur imbécile de fils bon à rien. Il soupira.

    -Euh… tu me connais depuis longtemps, tu m’aimes bien, oui oui, j’te dis, personne ne peut me détester… à part mon papounet. Euuuh, je suis talentueuse et tout ce que je crée rapporte beaucoup beaucoup, alors ce n’est pas du blé perdu, juste égaré jusqu’à ce que je te le retrouve, tu vois? C’est convaincant, nah?

    Mais je ne veux pas le retrouver, ce blé, songea-t-il. Il ne prêterait rien à cette fille. Il lui offrirait le nombre de zéros qu’elle voudrait sur son chèque. Il endosserait toutes ses recherches en espérant qu’elles soient assez coûteuses pour le ruiner. Il regarda sa main sans curiosité quand la gamine l’attrapa pour l’entraîner à l’écart. Il ne protesta pas. Patrics Meadows ne protestait pour ainsi dire jamais. Mais il l’aurait très certainement fait, si la bouche de la mignonne ne s’était pas collée contre la sienne, empêchant l’air d’y entrer. Ce n’était pas un baiser particulièrement impressionnant. Probablement son premier à elle. Pas son premier à lui, certainement. Mais il ne se montre pas entreprenant. Il ne participe pas à ce baiser, totalement inconvenant. Il n’a jamais compris pourquoi les femmes considéraient toujours leur corps comme un argument. Il ne voyait aucun intérêt à cet argumentaire.

    -Écoute, j’en ai pas après toi, hein. Mais tes bibittes, je préfère ne pas les héberger sur et dans mon organisme, tu vois. Sois pas vexé, pis ce baiser était très très bien, genre que si j’avais pas aussi peur de… tsé… de tes n’amis microscopiques, je reviendrais à la charge, t’as une bouche sympathique, toute gentille… Pis si tu m’offres la somme d’argent que je veux, je te promets de t’en donner… euh… plusieurs autres! Alors… mes arguments t’ont convaincu?

    Patrics repense à cette petite fille qu’il a connue autrefois. C’est bien elle, pas d’erreur. La même paranoïa pour les microbes, la même petite moue. Il sourit. Enfin, si on peut appeler ça un sourire. Disons qu’un coin de sa bouche s’étire bizarrement. Il glisse une main dans ses poches, hausse les épaules.

    -Sois gentille, ne recommence jamais un truc pareil. C’est pas net d’embrasser une fille à qui j’ai changé les culottes parce qu’elle s’était pissée dessus étant petite.

    Il la voit rougir. Pour un peu, il en serait amusé. Mais c’est Patrics : Patrics ne s’amuse pas. Il hausse à nouveau les épaules.

    -Tu sais … J’avais déjà la main sur le chéquier. Tu me dis le montant que tu veux et je te le donne, c’est aussi simple. Tu me rembourses pas. Je peux même endosser toutes tes recherches les plus coûteuses. Mais je ne veux pas revoir le moindre sou revenir rouler dans ma direction. C’est ma seule condition pour que je te donne ce que tu veux. T’es même pas obligée de me parler de tes projets, à moins que t’estimes que ça peut m’intéresser ou que t’as vraiment envie d’en parler à quelqu’un. Mais considère-moi seulement comme ton portefeuille. Je préfère.

    Et voilà. Ce serait sa première action pour nuire à l’empire financier monté par feu ses parents.

_________________

Merci à Miyu-chan, de TP, pour ce kit.
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MessageSujet: Re: Pourquoi faut-il ... [pv Kami]   Ven 18 Juin - 14:20

-Sois gentille, ne recommence jamais un truc pareil. C’est pas net d’embrasser une fille à qui j’ai changé les culottes parce qu’elle s’était pissée dessus étant petite.

Je grimace. Wo, pourquoi tu viens me dire ça après un bisou? Ah, vous, les hommes, vous êtes tous pareils! Des salopards! Des ordures! Des p’tites garces machos! Décidément, j’aime pas les hommes, je vais me faire lesbienne… beurk… lécher des minous, ça doit pas être méga giga aussi propre qu’une bite de… Non, pas penser à ça… Y faudrait que je me mette au yoga ou au Tai Chi, ça pourrait peut-être m’apaiser l’esprit un ti peu.

-Tu sais … J’avais déjà la main sur le chéquier. Tu me dis le montant que tu veux et je te le donne, c’est aussi simple. Tu me rembourses pas. Je peux même endosser toutes tes recherches les plus coûteuses. Mais je ne veux pas revoir le moindre sou revenir rouler dans ma direction. C’est ma seule condition pour que je te donne ce que tu veux. T’es même pas obligée de me parler de tes projets, à moins que t’estimes que ça peut m’intéresser ou que t’as vraiment envie d’en parler à quelqu’un. Mais considère-moi seulement comme ton portefeuille. Je préfère.

Je le regarde de travers.

-T’es prêt à me chier ton argent comme ça, sans espérer un truc en retour… ? J’pourrais te ruiner complètement, te vider à sec, il ne te restera plus rien après que l’ouragan Kami te soit passé sur le corps.

Il est bête, drôlement bête. Je souris, je ris un peu. J’enfonce mes mains dans mes poches de manteau, et fixe le sol crasseux un instant. Beurk… une chance que j’ai des bottes à plateforme. Bon, ben, il me propose d’endosser mes recherches, j’devrais pas me sentir coupable ni même responsable de sa faillite.

-Et si jamais mes expériences deviennent fructueuses, tu veux même pas les profits?

Remarque, ça me dérange vraiment pas de recevoir le cash… ça va me permettre de pousser mes recherches encore plus loin. Pis mes projets, pour l’instant ça doit demeurer secret… en tout cas ceux que je considère top secret, comme de retrouver ce gros loup et de le castrer. Castrer, c’est trop doux. J’aimerais faire mumuse avec lui avant que Darius ne lui mette la main au collet. Eh pis… j’ai rarement eu l’occasion d’observer de très très prêt un loup de cette taille… Me demande si c’est fait comme un humain, à l’intérieur, quand c’est transformé… tout ce que j’sais, jusqu’à maintenant, c’est que leur quéquette, elle, subit certaines métamorphoses désagréables… Poil, grosseur.

-C’est vraiment bien comme contrat, ça. Bon… j’te dirais que pour commencer, il faudrait que tu mettes beaucoup de jolis zéros. Mais si jamais j’en manque, je peux te contacter? T’en demander encore? Et tu ne me demanderas jamais des infos sur mes projets, j’peux faire tout ce dont j’ai envie?

Waa… je le regarde avec de gros yeux admiratifs. Pour un peu, je braillerais comme une madeleine, et je lui donnerais un câlin de joie et de bonheur… mais j’ai eu mon cota de contact pour les 8767857659760 prochaines années lumières. Et même que j’irais me terrer dans mon labo et ne jamais en sortir… On sait jamais quand une grosse bebête velue pourrait surgir de derrière… un tronc d’arbre, par exemple. Ah, ça y est, j’vais développer la phobie des loups-garous. Merci, merci infiniment Paul Mills… Quand je vais mettre la main sur toi, tu vas hurler.

Je m’imagine déjà en train de maltraiter cet écœurant. Je soupire. C’est triste. Je ne pourrais probablement jamais réaliser ce sublime et merveilleux fantasme.

-Bon eh bien, on le fait ce chèque? Et après, si ça te dérange pas trop, j’dois retourner à mon labo… J’ai une douche à prendre et des expériences à terminer… Pis Darius doit se pousser chez moi pour qu’on discute de mon nouveau job. J’suis sa nouvelle mécano. Mais ça m’a fait plaisir de te revoir… sauf pour les passages où tu te rappelais de nos souvenirs communs.

En signe de remerciement, je lui fais un adorable sourire. Et s’il me remet sur le tapis l’épisode du pipi… je le frappe.
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